Ignorants des chapelles, The Spangles
pourrait cependant constituer la version française de cette avant-garde
belge si excitante. Même doux psychédélisme à la Zita Swoon,
même fièvre qui agite Deus, même énergie iconoclaste aperçue chez
Sharko. Et pour trouver un parallèle outre-Atlantique, cette
efficacité plutôt réfléchie fait immédiatement penser aux Talking
Heads et à ce fameux balancement entre l’ironie acide et la claque
dans la gueule.
On n’oubliera pas de dire que The Spangles est un groupe de musiciens. Par
les temps qui courent, ça deviendrait enfin un compliment. Quand on met la
barre si haut – préserver la fraîcheur en adjoignant guitares, basses,
claviers, trompettes et quatuor à cordes – mieux vaut savoir ce que le mot
« composer » veut dire.
A l’automne 2003, après la diffusion d’un 6 titres en septembre 2002, The
Spangles sortira un album : Daddy’s boy. On y retrouvera des perles comme
Crispy bodies ou Daily loving, dans 50 minutes de rock novateur, où
l’impertinence et la maîtrise font bon ménage.
Matthieu Rémy, rédacteur en chef de « Zooey » |