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HELL'S KITCHEN DOCTOR'S OVEN Hell's Kitchen. Rien à voir avec le quartier de Manhattan, ni même avec West side story, et encore moins avec une cuisine. Non, rien de tout cela. Hell's Kitchen est un groupe Helvèthe de rock brut tendance blues urbain. Alors bien sûr, la chose peut surprendre: vu de France, le rock en Suisse apparaît comme une farce. Et pourtant il n'en est rien: suffit de penser aux Mondrians, ou même... à nos fameux gars de Hell's Kitchen. Ce Doctor's oven est leur second album, après un EP surprenant et un premier album plutôt prometteur. Et force est d'avouer que nous avons à faire avec un vrai disque abouti et vraiment réussi. Blues urbain. Mais qu'est-ce donc? Une voix de crooner fumante, parfois plaintive; des bidouilles, des bruits, un côté jazzy, une contrebasse et un tout bougrement sensuel et transpirant de son live et d'impro. Difficile de balancer comme cela une liste d'influences tant on songe à différents groupes et artistes tout au long de l'écoute de ce très bon opus. La voix de Monney évoque quelque chose entre Lanegan et 16 Horsepower. Le talent est là, comme sur l'excellente ouverture "My house". La musique de notre trio est pour le moins évocatrice, parfois vivante et dansante ("Jack is a writer"), parfois plus intimiste et plus épurée ("Brick of my body", ou la magnifique "Unfair"). Tout se mélange et se dilue. Free jazz et distorsions ("Stay in my block"), cymbale, mandoline, country, rockabilly. On nage dans le bonheur. Car nos Hell's Kitchen sont bougrement talentueux. Moins dark que le Blues Explosion, plus posé et moins gras que les Black Keys, le groupe parvient à nous compter des histoires prenantes dans une atmosphère pénétrante, pesante, lourde, et surtout vibrante. Difficile de rester insensible à une telle décharge de blues urbain. Y'a pas le feu au lac, mais y'a le feu dans la cuisine!
par Florent (albumrock.net) |
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Comme tous les soirs, la
Flèche d’Or affichait plusieurs artistes pour la soirée... Sur la
totalité, peu m’inspiraient grand chose si ce n’est Sentenza & The
Holsters, un groupe de blues rock dont le single Standing On The Outside
passe de temps en temps sur Ouï FM, et surtout Hell’s Kitchen, groupe de
blues-trash [1] déjanté comme je les aime et que j’avais chroniqué il y a
quelque semaines. Les Suisses passent à 23h15 ce qui me laisse de la
marge. J’ai cru lire que l’autre groupe ouvre la soirée, et je ne peux
arriver si tôt. Tant pis.
ARNOLD - B SIDE
ROCK - le 15 septembre 2006 à Paris (La Flèche d’Or)
Hell's Kitchen est un trio
suisse, genevois, très exactement. Une formation qui alimente son blues
contemporain à l’aide de divers instruments afin de produire des sonorités
susceptibles d’aiguiser notre curiosité. Bernard Monney chante et joue des
guitares, Nicolas Roggli se charge des contrebasses ; et enfin, Cédric
Taillefert se réserve la ‘percuterie’, soit une panoplie de percussions
insolites composée de ressorts, de couvercles de poubelles et autres
casseroles. Sans oublier un plus classique washboard. Le trio avait déjà
commis un album démo en 2001 ("Blues from the beancan"), et l’année
suivante "The big meal". Nos cuisiniers ont déjà partagé la scène avec
T-Model Ford, 20 Miles, Bob Logg III ; et ce n’est pas une surprise
lorsqu’on écoute cet opus ! La démarche si peu orthodoxe de Fat Possum a
bien entendu résonné à leurs pavillons. La ‘percuterie’ entre en action
dès les premières secondes de "My house is on fire". Les invocations
vocales font rapidement leur apparition ; et dès le débarquement des
cordes métalliques, le choc est inévitable. La démarche du combo helvète
est bien originale et très personnelle. Le climat n'est pas à la franche
gaieté ; mais il est vrai que la maison est en feu ! La ‘contrebassine’ de
Nicolas rejoint ses amis pour attaquer "Jack is a writer". Les échanges
vocaux sont bien fantomatiques sur "Brick of my body", laissant planer une
certaine sensation d’épouvante. Seul maître à bord de cette cuisine
inusitée, le diable hante tout naturellement cet univers cauchemardesque.
Les cordes sont triturées, lacérées, déjantées, malmenées, pour entretenir
cette atmosphère pâle et lugubre. Pour varier les saveurs, les cuisiniers
n’hésitent pas à utiliser d'autres instruments. A l’instar de Paul Thernan.
Au banjo sur "Dance machine". On les imagine bien arpentant les routes du
vieux Sud américain à l'écoute de "Stay in my block" ; mais des routes
bien cabossées pour obtenir une telle solution sonore. Même Paolo, qui a
ramené son harmonica, ne peut que répercuter des tonalités d'outre-tombe ;
et pourtant il aime disserter de cette guitare rythmique qui fédère tout
sur son passage. Bernard concentre l’intégralité de ses tics nerveux pour
malmener ses cordes. Il se lance dans un boogie improbable sur "Nice",
pendant que Cédric et Nicolas secouent leurs instruments comme des âmes
damnées. Paolo a retrouvé son harmonica et s'invite même au beau milieu de
l'enfer. Le trio se calme quelque peu pour aborder "Unfair", un blues lent
très personnel, introduit par l’orgue Hammond de Sarten et contaminé par
un violoncelle bien malade. "Lumpi is my dog" incarne leur vision Howlin'
Wolf du blues. La forme rythmique est bien empruntée au géant de Chicago.
La contrebassine trace un chemin parsemé de longues dérives digitales. Les
cordes se complaisent au cœur de cette étreinte. La recherche de la
mélodie n'est pas le souci de Hell's Kitchen. Le travail sur le son
l'emporte. Tout au long de "Milano", l'ambiance n'est pas très
transalpine, mais plutôt teutonne au sens propre de la recherche ; dans un
style réminiscent des formations de Krautrock rencontrés naguère. Cédric
saisit son washboard. Nicolas imprime un rythme galopant et libère Bernard
qui chante un "Misery" plutôt classique avant que Sarten ne fasse subir
les derniers outrages à son piano. "Lumfo" est une litanie blues très
dépouillée dont la démarche peut évoquer le vieux Captain Beefheart
flanqué de son Magic Band, dans ses moments les plus étranges. Pas au
niveau vocal, cependant. Cette prière collective finit même par vous
convertir et vous serez peut-être surpris de répondre favorablement à
cette invitation pieuse. Le ‘four du docteur’ accouche en fin de parcours
de l'improbable "Easy start", un morceau dont la recette du riff stonien a
été mis à la sauce suisse. Hell´s Kitchen a réalisé sur cet opus, de
excellent travail sur les sonorités ; cependant je vous invite à consommer
cette plaque à doses homéopathiques. Surtout si vos oreilles ne sont pas
averties.
J-C MONDEAU - MUSICZINE.NET - MAI 2006
Hell's Kitchen fait une
sorte de kitchen blues. Doctor's Oven, leur deuxième album, est nourri
autant par le blues du delta et le bluegrass que par le sampling et les
ustensiles de cuisine. La musique est tantôt délicate, tantôt bourrue,
elle virevolte et titube mais ne s'écrase jamais, maintenue et guidée par
la voix de son chanteur mi-Tom Waits, mi-Ozzy Osbourne. Dans ce Doctor's
Oven, les arrangements sont charnels et fumants, la voix alterne entre
tremolos plaintifs et grognements râpeux ("My House"), les instruments
voguent et s'entrechoquent dans une marmite métallique ("Jack Is A Writer",
"Milano"). L'écriture est riche, alternant les saveurs, de l'étrange à
l'éclatant, avec toujours un arrière-goût de fureur apocalyptique ("Brick
Of My Body", "Stay In My Block", "Nice"). Le blues, vu comme la liberté de
l'esprit, l'échappatoire d'une vie pleine d'amertume et de souffrances. Le
dernier morceau, "Easy Start", comme un nouveau commencement, referme le
four sur une note plus optimiste, sans toutefois dissiper toutes les
effluves de ruines. Original dans sa conception, Hell's Kitchen demeure
fidèle à l'esprit radical et roots du blues. Un disque puissant et
attachant.
PLF - KRONICS - SEPTEMBRE 2006
Imaginer un viron champêtre
dans les alpages suisses sans rencontrer les Hell’s Kitchen était tout
simplement impensable. Pensez ! Le trio genevois vient de réaliser un
disque monstrueux, monumental. En tout cas l’un de
JEAN DO BERNARD - CROSSROADS - AOUT 2006
Venu de Suisse, le trio Hell’s Kitchen frappe très fort avec ce nouvel album qui devrait asseoir sa réputation scénique grandissante. Il sort résolument des sentiers battus avec un blues dont l’originalité n’a d’égal que la force incandescente. Tout en assumant un parti pris roots (voix habitée, contrebassine alerte), il revisite à sa façon une tradition venue du delta du Mississipi, osant la dissonance, la confrontation, le défi sonore. Le résultat est à la fois âpre et excitant, convulsif et séduisant, saisissant, ébouriffant, impressionnant : une véritable révélation. H M - ROCK AND FOLK- AOUT 2006
Un univers bien particulier que celui des Hell’s Kitchen. Si l’enfer ressemble à ça, je signe de suite ! La cuisine de ces deux acolytes, épicée d’une contrebasse pour l’occasion, nous entraîne dans un monde envoûtant où tout repose sur les ambiances. Il n’y a plus de règles dans cette sauce-là : la batterie supporte les couvercles de poubelle qui croisent à leur tour les résidus post-indus d’une usine métallurgique. La guitare nous délivre des sons distordus, cinglants, difformes, à peine réels. Les voix, charismatiques, grincent et chantent… Un album électrisant, surprenant, qui ne laissera personne de marbre. FRED - SLR - MAI 2006
GERALD DE OLIVEIRA - A DECOUVRIR ABSOLUMENT- MAI 2006
Souvenez-vous. Vous êtes enfant, sale gosse, chez vous dans la cuisine, à tenter de faire de la musique avec les casseroles, les couvercles et toutes sortes d’ustensiles passant à votre portée. Soudain, votre mère débarque, et vous invite expressément à arrêter ce bruit inaudible. Vexé, vous retournez dans votre chambre en maugréant... Avec le temps, vous avez abandonné, d’autres non. Cédric Taillefert, percussionniste de son état, complète son set de batterie avec washboard, tambour de machine à laver, et couvercles de taille diverse, pendant que Nicolas Roggli navigue entre une vraie contrebasse et une contrebassine crée par ses soins avec un manche à balai planté dans une poubelle et quatre cordes tendues. Bernard Monney, lui joue d’une vraie guitare et chante d’une voix rocailleuse. Avec cet étrange attirail, Hell’s Kitchen attaque un bon néo-blues bien crasseux, imprégné d’alcool fort qui tord les boyaux. Dès les premières notes, on prend un claque. Derrière cette verte pochette aux apparences inoffensives se cache une musique incroyable. Les percussions faites maison répondent à la contre-bassine, pendant qu’un bottleneck court sur la six cordes d’acier et qu’une voix sortie d’on ne sait où chante un bon blues à l’image des références des origines. Un blues fort, habité, avec son lot d’histoire glauque. On se retrouve à voyager sur des routes poussiéreuses d’un western spaghetti, s’attendant à trouver d’un instant à l’autre le fameux carrefour de Robert Johnson, là où on peut rencontrer le Diable. Non pas que je veuille comparer l’oeuvre de Hell’s Kitchen à la légende inégalable de Robert Johnson, mais l’esprit du blues habite bien ces quelques chansons. Du fin fond de sa Suisse natale, le trio de Hell’s Kitchen semble côtoyer lui aussi le Malin ... Le four du docteur, à la chaleur digne de l’enfer, est fascinant, il vous envahit, vous met presque en transe. Les titres se succèdent sans faute, toujours avec la même puissance dans la voix, la même force dans la musique ... Des morceaux comme Brick Of My Body ou Lumfo brillent par leur instrumentation épurée : juste quelques notes de basse, une rythmique discrète, quelques accords parfois dissonants et surtout cette voix envoûtante, rappelant parfois Blues Explosion. On trouve ensuite des titres tels que My House, Jack Is A Writer ou Mysery où la rythmique est déjà plus marquée, syncopée, où les guitares sont plus présentes, l’ambiance est électrisante est à la limite de l’explosion sonore ... On remarque aussi Unfair, une perle mélodique hésitant entre soul et blues qui offre une pause au milieu de l’album. Hell’s Kitchen débarque donc de Suisse avec cet album hors du commun, à la fois innovant, et rétro. Un album imprégné de blues dans toute sa profondeur, du vrai blues, celui qui fait parfois peur à voir, celui des bas-fond, et des soirées enfumées et alcoolisées, ... Pour tous les amateurs de blues et de musiques déjantées, cet album est à découvrir absolument. ARNOLD - B SIDE ROCK - JUIN 2006
On en a déjà vu quelques uns des artistes venir de Suisse.
Des électro punk ayant virés variétés (Eicher), des franchement électro
punk n'ayant pas bougé d'un pouce (Young Gods), des minimalistes tendances
Caliméro (Jean Bart), des francophones, des germanophones, j'en passe et
des pires…
DAVID - FROGGY'S DELIGHT - MAI 2006 Pour faire rapide et en finir avec la classification, la musique des Hell's Kitchen ressemble à s'y méprendre à un road-movie musical, passant par les routes du roots, de la percussion faite de recyclage et des airs de blues moderne et urbain à la fois. "Doctor's oven" s'ouvre donc avec "My house" posant ainsi les règles du jeu pour la suite de cet album qui sort de l'ordinaire avec beaucoup de classe et de rigueur. Si l'on n'y prend pas garde, la cuisine du groupe deviendra rapidement un enfer musical pour tous. En douze compositions, Hell's Kitchen explore des airs US avec une bonne dose d'originalité et surtout sans accents dans le texte. Autant dire un style singulier qui mérite l'attention des amateurs de rythmes venus en droite ligne du Bayou ou pour d'autres, d'une cité aux buildings géants. Entre exercice de style et inspirations sublimées, Hell's Kitchen a réussi à sculpter un genre à part qui s'adresse avant tout aux amateurs de qualité et de voyage au pays de la musique naturelle et surtout excentrique. On en redemande... 6BEARS - AVRIL 2006
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Une voix rocailleuse qu’emprunte un néo-blues sombre et brutal se rencontre autour d’un soir d’été enflammé et épuisant. On a en enfin réussi à ouvrir le casque de bob log 3, pris dans une moissonneuse et trépané jusqu’à l’os, on y a vu le démon partir en courant bourré comme un coing. Les pieds dans le delta boueux, la gueule livide, les alligators piétinent allègrement ce néo blues qui dégueule à l’approche des mégapoles un quelque chose qui fait trembler le goudron des villes et les plumes des champs. Hell’s kitchen est un trio venu de suisse. En pays helvète ils ont apparemment des soucis, en conséquence ces trois gars ont la rythmique crottée, la guitare dans le limon et la basse marécageuse, le tout est branché sur des baffles datant du néolithique blues situé dans un garage pas très loin d’un bar glauque. A croire que la Suisse n’a pas encore découvert où se loge nos dangereux énergumènes, sûrement perdus au beau milieu d’une nature hostile et profonde d’une grande agglomération. Là, coincés ils n’ont plus que quelques instruments sous la main pour éblouir le désespoir rugueux d’un néo blues, gorgé d’alcool de contrebande. Banjo et bottleneck partent en vrille autour d’une basse (cour) de casserole rythmique, si tout semble à ce point rural c’est sûrement que hell’s kitchen a plus de merde sous les bottes que dans ses chansons. Les leurs ont pris la mesure d’une irrésistible dilatation de la vie, languides, elles se mettent à hanter de leurs volumes, amples et constant. En jouant à minuit dans les cimetières assis sur des tombes, hell’s kitchen prépare une bouillasse qui fout l’estomac en vrac. Ce blues là, mec il est terrible, comme on l’aime, humide, crasseux avec de la morve, du sang, du vice, des trucs pas jojos, mais ‘tain que c’est trop bon de se faire battre au fer rouge par ces gars là. Le diable n’est plus sur ce croisement où robert Johnson a vendu son âme, il faudrait aller voir du côté des petits suisses si le diable n’est pas en train d’investir un marécage néo blues, yeah ! BIR - THE FRENCH TOUCH - AVRIL 2006
Pour faire rapide et en finir avec la classification, la
musique des Hell's Kitchen ressemble à s'y méprendre à un road-movie
musical, passant par les routes du roots, de la percussion faite de
recyclage et des airs de blues moderne et urbain à la fois. "Doctor's
oven" s'ouvre donc avec "My house" posant ainsi les règles du
jeu pour la suite de cet album qui sort de l'ordinaire avec beaucoup de
classe et de rigueur. Si l'on n'y prend pas garde, la cuisine du groupe
deviendra rapidement un enfer musical pour tous. En douze compositions,
Hell's Kitchen explore des airs US avec une bonne dose d'originalité et
surtout sans accents dans le texte. Autant dire un style singulier qui
mérite l'attention des amateurs de rythmes venus en droite ligne du Bayou
ou pour d'autres, d'une cité aux buildings géants. Entre exercice de style
et inspirations sublimées, Hell's Kitchen a réussi à sculpter un genre à
part qui s'adresse avant tout aux amateurs de qualité et de voyage au pays
de la musique naturelle et surtout excentrique. On en redemande... Il y a quelques temps, au détour d’une chronique sur je ne sais plus quel groupe, nous avons intempestivement déclaré que le blues était mort depuis belle lurette, éteint avec ses mythes fondateurs hormis peut-être pour quelques résistants à la verve débonnaire tels des Black keys, blancs becs irrespectueux et à bonne école. Mais isoler les Black keys, c’était manquer des respecter à une poignée de groupes inestimables qui, s’ils n’inventent rien (on persiste malgré tout : le blues est bel et bien mort), parviennent à perpétuer un certain esprit, une certaine grandeur du blues. Hell’s kitchen est de ceux là. Si nous ne savons où ils ont appris le blues, si nous ne savons rien des membres de ce groupe, nous sommes certains qu’ils ont des ancêtres enterrés dans les Appalaches. Avec ce son métallique (« My house »), dissonant et discordant (« Brick of my body »), avec ces percussions dérangeantes, Hell’s kitchen nous emmène avec lui dans les entrailles infernale de son blues cuisiné avec sa propre recette dans une cuisine où le sang pisse par les murs (« Nice »). Quand ce n’est pas un blues diabolique qu’ils nous offrent, c’est un folk satanique car irrésistible avec cette aisance de rendre fondamental, le plus simple simplicité (« Dance machine »). « Doctor’s oven » où la maison du diable dans un bayou européen ? HARRY - I-MUZZIK.NET - MARS 2006
La Suisse abriterait-elle en son sein quelques suppôts de Belzébuth ayant vendu leur âme au maître des ténèbres ? Car finalement après l'écoute de cet album on peut en toute légitimité penser que ce fameux "Carrefour" immortalisé par Robert Johnson ne se trouverait pas dans le sud des Etats-Unis mais au contraire dans un charmant vallon Suisse et plus précisément dans une petite cuisine où s'ébroueraient trois types assez bizarres concoctant des recettes musicales aussi relevées qu'elles sont inédites. Car aux bords des lacs d'eau si claire et à l'ombre des comptes en banques si étoffés se distingue un trio qui avec ce "Doctor 's Oven" présente un 3ème disque, certes hors du commun mais qui a l'extrême avantage de mettre un peu de couleurs dans un paysage musical qui en manque cruellement. Si la musique de ce trio prend sa source quelque part vers le Delta du Mississippi, le traitement (de cheval) qu'il lui administre est un fichu revitalisant. Brisant certaines règles bien établies, les douze titres délivrés par l'ordonnance de ce bon Dr Oven sont presque toujours en décalage, souvent en équilibre instable rappelant un peu dans cette démarche ce que faisait le groupe Morphine, et ils bousculent plus qu'agréablement un quotidien musical qui ronronnait tranquillement sur le sofa du salon. Avec ces Suisses, on a changé de pièce et du coup, la cuisine s'illumine et quelques excellentes secousses telluriques nous réveillent… Voilà qui nous fait envisager, avec le sourire, un futur un peu moins mollasson… JEAN DO BERNARD - CROSSROADS - MARS 2006
A l’heure où l’on nous (contre-)bassine avec la vache folle, le poulet enrhumé et le mouton qui tremble du genou, les Helvètes de Hell’s Kitchen ont décidé de nous servir un album 100% bio, enregistré à la roots et cuisiné au beurre pour le plus grand plaisir de nos papilles. Réfractaires aux engrais chimiques et aux arrangements trop précis, Cédric Taillefert (percussions), Bernard Monney (guitare et chant) et Nicolas Roggli (contrebasses) ont sorti des placards tout leur attirail, partant du washboard pour en arriver au tambour de machine à laver en passant par les couvercles de poubelles et la pelle de chantier et nous proposent un troisième album qui s’inscrit entre un Bo Weavil pour le côté crade et un Bulldog Gravy pour le côté quincaillerie industrielle … Bottleneck au doigt et timbre rocailleux en avant, c’est en misant sur ses dissonances que Hell’s Kitchen cherche à convaincre son monde ! Faite de creux et de bosses, la musique des Genevois est une invitation à la découverte, une ode au système D, un plaidoyer en faveur de la cacophonie scientifiquement désorganisée ! Douze compositions dignes des plus somptueuses improvisations des esclaves d’antan, douze assemblages de sons pas forcément bien imbriqués les uns aux autres mais qui au final donnent un blues aussi détonant qu’accrocheur qui s’agrippe à des bribes de mélodies et qui se laisse aller à leur insérer une lichée d’harmonica, un poil d’orgue Hammond ou une litanie lancinante et assassine de manière très spontanée, juste pour le fun et pour désacraliser l’art … Taillé dans le blues, le costard que revêt Hell’s Kitchen est un peu élimé aux coudes et rapiécé aux genoux mais il lui colle si bien à la peau que l’on peine à imaginer le groupe dans un accoutrement moins fripé tant on apprécie le versant gras et velu d’un « Jack Is A Writer », d’un « Stay In My Block », d’un « Milano » ou d’un « Easy Start ». Quand les ingrédients de l’apprenti sorcier sont assemblés dans les cuisines du diable, il n’y a rien de surprenant à ce que le résultat soit explosif ! Come on in my Hell’s Kitchen … |
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