Rem
Austin, 35 ans, habite à Toulouse. Mais c’est la grisaille de la banlieue
de Londres ou de Dublin qui le fait rêver.
À la recherche des vibrations de son enfance, Rem Austin, s’est mis dans
le citron de composer lui-même le disque idéal. Celui qui lui évoquerait
le mieux et le plus précisément cette période où son frère et lui, tout
petits, fouillaient dans une discothèque familiale curieusement dépourvue
d’échantillons francophones. Pas de Brel, pas de Brassens, pas de Ferré…
Non, exclusivement de l’anglo-saxon et de l’américain, Beatles, Elvis
Presley et autres contemporains. L’oreille du petit Rémy, tout
naturellement, s’est faite au son des Dylan, des Lennon-McCartney, des
Bacharach, des Pink Floyd époque Barrett (avant qu’il les fonde) et de
toute cette clique pop mélodique psychédélique miraculeusement sortie d’on
ne sait où quelques années autour de sa naissance. À l’adolescence, Rémy
se met, comme beaucoup, à la guitare. À la basse aussi. En autodidacte. Et
puis il cherche à aller plus loin, prend des cours de guitare jazz et
d’harmonie, compose, tourne avec des groupes, en expérimente les affres,
les concessions permanentes… tout en fomentant dans un coin de sa tête son
fameux projet solo, à son image, son disque. Où seraient suggérées,
illustrées, retranscrites, toutes ces ambiances, toutes ces petites notes
magiques qui avaient marqué à jamais son cœur d’enfant.
Roland Caduf |
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